Brouwer et les motards

Lundi 19 juin 2006, Gand 13h30.

Particulièrement chaude, la journée de dimanche fut également maillée de surprises. Une mauvaise pour commencer, avec l'absence de la collection Brouwer pour cause de travaux au musée des beaux arts de Gand. Outre ce hiatus, la collection proposée sur place témoigne de la richesse picturale belge ; incontournables, Magritte et consort affirment tout le génie, politique et artistique, des créateurs d'outre-Quiévrain. Passée le frustration, nous décidons alors de partir sur les traces d'Adrian Brouwer, au travers de sa ville natale : Audenarde. Située à une trentaine de kilomètres de Gand, la paisible cité flamande nous réserve une autre (bonne) surprise avec une concentration de motards des plus impressionantes. Frites (evidemment), rock et pots d'échappement, l'ambiance interlope peinte par Brouwer il y a quelques siècles se transpose de façon irresistible au présent. Tant pis pour les puristes et risquons une analogie audacieuse : si Brouwer avait eu trente ans en 2006, n'aurait-il pas été motard ? Passées ces considérations, nous trouvons le soir même un guide privilégié de la région gantoise au travers de Marc. C'est naturellement devant un écran programmé pour la coupe du monde de football que l'homme nous présente les subtilités historiques flamandes.
Particulièrement attractive, la visite, ce matin, du Vooruit de Gand atteste de la dynamique artistique du secteur. Héritiers des coopératives socialistes flamandes, le site, étalé sur 20 000 m 2 et sept étages fonctionne tel un complexe : salle de concerts, théatre, studios d'enregistrements, développement numérique ; rien n'est épargné par cette structure associative, garante d'une réelle utopie, donc de vie. Après une visite complète composée par Peter, le sympathique "relations publiques" de la dite structure, nous continuons nos activités. Jacques et Aurélien sont partis effectuer des repérages pour de futurs dessins à l'heure ou j'écris. Déjà nous attend Bruges. Le contrendu de la visite vous sera dévoilé demain, promis. "Heij, Heij, Heij" : traduction avec votre dictionnaire franco-néerlandais internet accepté.
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:09

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:46

Départ pour Audenarde

Gand, Dimanche 18 juin, 13h.

Les heures de marche commencent à se faire sentir. Notre découverte de Gand se prolonge avec l'incontournable visite du musée des Beaux arts et la fameuse collection de tableaux signés Adriaen Brouwer. La visite nous apparait idéale puisque il s'agit du créateur choisi par Aurélien pour composer et étudier. La découverte du musée se complètera cet après midi par une excursion à Audenarde, patrie du peintre flamand ; avec cette visite la découverte de la plaine environnante, la perception de la fameuse lumière du Nord.
Demain, direction Bruges, la "belle endormie", qui nous réservera ses nombreux canaux.
Tot ziens (à traduire... dicctionnaire franco-néerlandais internet accepté.)
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:01

Modifié le mardi 07 novembre 2006 10:44

Mets tes "Gand" à l'"Anvers"

Mets tes "Gand" à l'"Anvers"
Anvers, samedi 17 juin 2006, 10 h.

Il est des scènes qui dépassent la fiction. A ce titre, notre arrivée à Anvers vire littéralement au film de science fiction. L'enchevêtrement autoroutier et des zones industrielles aussi vastes que l'Avesnois forment un paysage désincarné, accentué par l'absence de voitures. Les anversois seraient-ils restés chez eux sur ordre du roi ? Ou alors seraient ils tous concentrés sur l'une des fameuses plages du cordon littoral belge ? Toujours est il que la scène offerte rappelle que cette contrée est bien l'un des terreaux du surréalisme...
Lovée sur une des rives de l'Escaut, la cité multi séculaire s'offre généreusement. Troisième port mondial, Anvers assume complètement cette place : les docks sont ainsi espacés du centre d'un battement d'aile de mouettes. Particulièrement oppulent, le coeur historique est avant tout commercant. Un carrefour d'échanges sidérant qui, depuis 20 ans, reprend ses droits, à l'échelle du royaume de Belgique mais également au sein du village mondial. Si le pôle urbain respire la tradition médiévale du négoce, l'avant garde se taille également la part du griffon. Fleuron en la matière, l'académie royale de stylisme et les nombreuses vitrines de la Nationaal straat taillent des costumes au conformisme. Inaugurée cette semaine, l'exposition Yamamoto confirme la donne.
Autre cas d'école, le muKHA ,conforte son rôle de bastion artistique. Le hasard du calendrier fait bien les choses puisque c'est Jan Fabre, performer inclassable et enfant terrible du pays qui fait les choux gras du musée. Nous sommes ravis puisque ce sont notamment les premiers travaux du maestro qui sont exposés ; du village des tarentules (qui rapelle que l'aïeul de Jan Fabre est bien le père de l'entomologie ) aux préservatifs putrides (remplis de fécule germée), on retrouve ici le caractère iconoclaste du créateur flamand, loin de la hype suscitée il ya quelques années à Avignon. Après une visite pour le moins passionante, nous décidons de rejoindre le centre ville non sans croiser la population locale. Vernissages, paris de futurs mariés et fête à Hare Krishna résonnent encore au pied de la cathédrale... Le soir s'avance, nos pensées sont déjà à demain avec un retour sur Gand et sur les traces d'Adriaan Brouwer. En conclusion la pensée du jour : Rijden met fiets (dictionnaire franco-néerlandais internet accepté...)
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 10:50

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 10:22

Le vertige flamand

Le vertige flamand
Gand, vendredi 16 juin 2006, 10 h
La cité flamande nous réserve un accueil proverbial. Serait-ce le phébus placé haut dans le ciel ? La proximité du week-end ? Nous pencherons finalement pour une certaine tradition d'ouverture. Commune francophile, Gand est également un pôle intellectuel conséquent. La moitié des résidents sont d'ailleurs des étudiants. La vie et donc les moeurs ambiantes sont naturellement déclinées sur ce profil. Expositions, concerts et animations diverses ponctuent l'auguste place. Pour la petite histoire, imaginez une gémélité avec Lille, les vélos, le néerlandais et l'architecture d'époque en sus...
A ce titre, Gand donne le tournis. S 'il fallait continuer notre parcours européen des comparatifs, cela serait cette fois ci Florence qu'il faudrait évoquer.. Cathédrale Saint Bavon, beffroi, l'alignement archirectural frôle la démesure. Perspective impeccable pour apprécier ces chefs d'oeuvres, le Quai aux herbes n'est pas qu'un conglomérat de facades flamandes. C'est également le lieu de rencontres de tous les gantois, le soir venu. Discussions spontanées et chaleur humaine, on est bien loin du préjugé quant à l'autoritarisme ambiant.
Si Gand génère un patrimoine artistique conséquent, la modernité n'est pourtant absente des lieux. Niché dans la Citadelpark, le Smak retentit de sa sensuelle onomatopée : musée d'art contemporain, le site récèle de nombreux trésors. Huiles d' Eugène Leroy, "La victoire de Samothrace" d'Yves Klein, de couleur bleu (et quel colori !) bien entendu ou bien encore les travaux de l'américain Bruce Naumann ont ainsi ponctué une visite toujours surprenante. Sélection personnelle, l'oeuvre de Ann Véronica Janssen a tout particulièrement marqué les esprits. Pour conclure, clin d'oeil au reporter Karl Van Keymeulen du journal "De Gentenaar" pour sa présentation très complète de la cité gantoise.
Demain,nous partirons pour Anvers, son port et ses créateurs d'avant garde... Tot ziens, tot morgen. A traduire d'ici demain. Tous à vos dictionnaires internet. Bon courage...
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 10:26

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 10:22

L'aventure au coin de l'Europe

Tintin, Albert Londres ou bien encore Joseph Kessel : la simple évocation de ces noms suffit pour que nous contractions le virus magique, celui qui se moque du confort et des prévisions au profit de l'inédit, des rencontres. C'est justement l'optique choisie pour suivre, en Flandre, et au travers d'un Carnet de voyage, le sculpteur fourmisien Aurélien Imbert.

Evidemment, le choix de cette contrée n'est pas fortuit. Des primitifs à l'avant-garde anversoise en passant par le rock, la Flandre a toujours privilégié les échanges, donc la création. Après avoir effectué une variation hivernale autour d'un tableau d'Adriaen Brouwer, le choix d'Aurélien Imbert s'apparente finalement au nôtre : tabler sur les villes de Bruges, Gand et Anvers, et rebondir dans le temps.

A l'instar des perspectives tracées par l'artiste contemporain, les angles et autres approches sont nombreuses. Si Aurélien reste le fil conducteur, le thème de la fête, et par excroissance celui de la société flamande, s'intègre naturellement au projet. Aller voir comment les artistes du cru conçoivent et dresser un état des lieux sont autant d'attaques que nous aimerions valoriser au sommaire dudit carnet.

Programmé du 16 au 22 juin 2006, notre voyage sera, on le souhaite, riche d'expériences. Témoignage quotidien, ce blog, opérationnel dès le 17 juin, vous permettra ainsi de suivre nos déambulations européennes puis, par la suite, la confection de l'opuscule. A vous de relayer, d'apporter vos commentaires ; bref, de contribuer à cette singulière aventure.

Aurélien IMBERT : sculpteur
Le travail d'Aurélien s'exprime à partir d'installations in situ qui se définissent par le concept dit du "fini-non fini". Différents supports viennent illustrer ces implantations parmi lesquelles la vidéo, le dessin, les annotations. Assemblées au sein d'un milieu donné, les créations d'Aurélien puisent leurs sources dans le cadre urbain et des pôles comme Cologne ou Paris. Complémentaires à l'installation créée à Fourmies, l'excursion flamande effectuée par Aurélien crédite ces influences.

Jacques CARLIER : dessinateur
Si les oeuvres d'art sont naturellement concentrées dans les musées, Jacques, lui, préfère nettement l'expression à même la rue. Un cadre urbain décloisonné, canalisé par un modèle de la trempe de Gafgen. Outre cette sensibilité, Jaques prend en considération la notion de rythme. Le dessinateur met son art, et notamment le portrait, en corrélation avec d'autres disciplines comme la danse. A ce titre, l'art en mouvement est un leitmotiv qui s'impose...

Vincent CAFFIAUX : rédacteur
Prendre la température d'une société donnée et rapporter les moeurs ambiantes sur le mode artistique structurent ainsi la démarche de l'observateur. Marqué par la tradition des écrivains voyageurs autant que par le surréalisme ou les auteurs beat, Vincent lie cela à une observation poétique de l'environnement. A l'image de ses compagnons de route, il prône des valeurs de tolérance et d'humanisme.

Gaël HERISSE : photographe
Médium contemporain, la photographie a toujours été un outil d'expression hautement symbolique. La prise de vue amène tout naturellement Gaël au devant des personnes, d'une société. Au-delà de cette démarche quasi-privilégiée, l'artiste capture surtout les regards et les gestes, inscrit la mémoire et récite le présent... Etre là par hasard et au bon moment mais surtout libre d'actionner le poussoir pourrait résumer son optique.

Les partenaires :
Sans eux, l'expédition aurait été difficilement réalisable : merci au club Sociétaires et initiatives de la Banque Populaire ; à l'association Alter'art (Thierry Denys) ; à Stéphane Dedeystère ; à Lionel Maréchal, journaliste à La Voix du Nord ; au Courrier de Fourmies; à Echo FM ; et à Canal Sambre.

# Posté le mardi 13 juin 2006 07:48

Modifié le mardi 07 novembre 2006 10:12