Au pied du mur

Au pied du mur
Fourmies, mardi 3 octobre, 17h.

A PIED d'oeuvre... La formule sonne sigulièrement, surtout quand on sait que le temps qui passe est finalement le TALON d'Achille de toute parution. A l'image d'un blog qui se réactive, dès aujourd'hui, le carnet de voyage va bon train. Le raffinage de l'opuscule a débuté cet été, avec le tri pointilleux des clichés à paraitre. Les poses effectuées par Gaël s'inscrivent dans la droite ligne d'un journal de bord, avec tout la sujectivité mais également la rigueur qu' exige la discipline. Les travaux picturaux sur lesquels planche Jacques prennent également forme. Au point où le dit dessinateur s'est piqué au jeu de la documentation , au grand dam des libraires lillois (fou-rires...) Enfin les impressions griffonnées par votre serviteur sur le pavé flamand (c'est une image, hein parce que...) se recyclent, au gré des lectures de notes, des souvenirs. Une écriture pourtant inscrite dans le présent, à l'image des voyages effectués il y quelques jours, à Anvers pour les besoins de l'actualité, de l'épilogue. Une conclusion ouverte, sous forme d'entretiens. Le premier a eu lieu en compagnie de Stef Kamil Carlens, génial leader du groupe Zita Swoon. Au sommaire de l'interview, évocation de sa formation, d'Anvers...
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:39

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:54

La nostalgie camarade...

Fourmies, vendredi 23 juin, 17 h .

"La nostalgie c'est comme les coups de soleil, ca fait toujours mal mais après..." Sur ce point nous ne contredirons pas Pierre Desproges et ses digressions amusées. Cela fait maintenant quatre jours que nous sommes rentrés et le décalage règne toujours dans nos tête. Une pensée pour Jacques, le dessinateur de l'équipe, qui rêve depuis de la belle architecture gantoise... Samedi, la séance de débriefing a fait ressortir un séjour évidemment enrichissant. Fait rassurant, les rencontres comme le cadre de vie plaisent à tous, sans distinction aucune. Les différents documents ramenés de Flandre remplissent aisément leur fonction de madeleine. Pas un ticket, tract et autre dépliant que nous ouvrions sans que celà déclenche chez nous l'envie de revoir cette belle contrée. Comme prévu initialement les différents supports vont être traités ; l'iconographie avec les photos et autres croquis ; et puis les textes, traces climatiques d'une société des plus riches. Sur ce point, n'hésitez pas à nous poser toutes les questions qui vous titillent l'esprit. Nos répondrons naturellement dans la mesure du possible. Comme précisé précédemment, nous fairons le point régulièrement quant à la composition du livre. Des arcanes qui ne doivent pas déflorer la magie du voyage. Juste vous relater les principales étapes de création et, alors peut être, vous innoculer un virus parmi les plus contagieux, celui du baroud et du partage.
A la prochaine...
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:37

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:53

Pour nous, les quais c'est ok !

Pour nous, les quais c'est ok !
Anvers, mercredi 21 mai, 10h.

La ville d'Anvers n'a pas démérité son rang de troisième place portuaire européenne. Imaginez un périphérique long de 100 kilomètres qui épouse le site et vous comprendrez aisément la démesure des lieux. Première et singulière approche du port, le village de Doel incarne surtout la croissance économique ambiante. Située sur l'Escaut, à une trentaine de kilomètres du centre d'Anvers, la commune est devenue village fantôme suite aux installations pétrochimiques fraichements implantées ; un caractère industriel accentué par la construction d'une centrale nucléaire, au pied du bourg...
Outre cette facette véruqueuse, Anvers reste un port avec tout ce que peut représenter un tel terme. Ce n'est pas sa situation fluviale, 80 kilomètres en amont de la mer du Nord qui contredira le fait. Ainsi notre visite des darses revêt le charme propre à ce type de cadre : lumière irréelle, dynamique incarnée par le flux incessant des bateaux et péniches... Page d'histoire écornée le long d'un quai, un entrepôt se rappelle le faste passé et une destination exotique : Montévidéo. Digne des écrits d'un Blaise Cendrars, le climat se prolonge en ville avec l'inévitable quartier rouge, situé à quelques mètres de l'impressionante cathérale. A l'image de toute zone portuaire, les différents quartiers chinois, africains, turcs confirment l'ouverture au monde. Une ambiance entachée par mainte panneaux nationalistes, dont un dressé en plein quartier juif...Un visage n'est pas l'autre. Anvers,ville de tout les excès...
Demain, retour en France ; à la clé une séance de débriefing. Conclusion de notre petit jeu, dites nous au revoir en néerlandais. Le premier qui balance la bonne formule aura droit à une correspondance directe... Ciao !!
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:30

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:52

On est vraiment tous des européens

On est vraiment tous des européens
Gand, mardi 20 juin, 16 h.

Georges est un personnage épatant. C'est face à l'office de tourisme de Gand, alors que nous sommes réunis pour faire le point sur la journée, que l'octogénaire nous accoste, dans un français parfait. Des Croisades à Emile "Pain d'épices", le vénérable enseignant nous dévoile sa ville comme il se doit, le doigt pointé dans toutes les directions. Il faut dire que le point de vue détonne. A ce titre l'hôtel de ville est un cas d'école : gothique flamboyant, autrichien ou bien encore italien, les différents styles s'assimilent, gage des treize siècles d'histoire de la ville. Croisée lors de nos déambulations, Evelyne, jolie franco malgache crédite cette richesse culturelle. Pour la jeune muséologue, la place est visiblement fertile. Idem pour Aurélien qui nous confie avant son départ le caractère audacieux de la commune belge : "Ici, ils osent" confirme le plasticien fourmisien.
Notre dernière soirée gantoise se passe dans l'allée des tours. Serti symboliquement entre deux édifices religieux, le beffroi veille sur cette brave ville de négoce. Tapis dans l'ombre des cryptes adjacentes, les fantomes des frères Van Heyck et de Rubens veillent sur les noctambules. La nuit est fraiche et les cloches des tramways rivalisent d'audace avec le bourdon accroché dans le beffroi : a deux cent kilomètres de Fourmies se cache un autre monde. On en a rêvé la nuit, à ciel et les yeux ouverts...
Demain direction Anvers. Après les visites culturelles du week end, place au port et au quartier des dimantaires. Bonne journée, sans oublier notre petit clin d'oeil linguistique. Aujourd'hui le mot à deviner est "prijslist". Tous à vos dicos franco néerlandais internet préférés !!
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:19

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:50

La belle endormie

Bruges, le 19 juin 2006, 15 h.

On pourra toujours faire le fine bouche, se la jouer "Nous ne sommes pas des touristes, nan nan, nan...", pourtant chaque visite de Bruges s'amorce par un singulier vertige. Amusément, le carillonneur s'énerve sur "L'hymne à la joie". Serait-ce pour annoncer notre (très européenne) arrivée dans l'illustre cité marchande ? Jacques reste bloqué par la densité de maisons médiévales. Monument du genre, la "groot place" nous téléporte dans le passé. On guetterait presque le dresseur d'ours, le malandrin et le riche drapier.
Passé ce flash, c'est une illumination qui nous scotche la rétine avec un détour par le béguinage. A l'instar des principaux sites, le lieu est évidemment classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Un statut qui reflète pourtant difficilement le climat qui règne en ces lieux dépouillés. Hasard de la vie, notre parcours au sein de l'enceinte rencontre l'enterrement d'une religieuse. Chants cristallins et ambiance mystique, Bruges délivre alors un autre visage, plus recueilli. comme habité. Loin de la visite organisée, notre regard se porte ensuite sur les échappées proposées par les très rouge et hi-tech centre administratif brugeois. Surplombant, la vieille ville, l'endroit se confond pourtant admirablement avec les proches ruelles. Cette remarque n'est pas anecdotique et reflète surtout l'intelligence flamande en matière de gestion urbanistique. Un programme qui s'exprime par un investissment économique complet du cadre patrimonial. Ainsi n'est il pas rare de voir des bureaux loués dans le coeur de la vieille ville. Une mixité dans les fonctions confirmé par des clash stylistiques conséquents (voir photo). Fidèle soutien fourmisien à la Réunion (vive les joies du village mondial !), Thierry Denys apprécierait certainement la politique en la matière. Le passé cherche le futur et c'est beau.
Une dernière bordée par les proches stations balnéaires donne un autre aperçu. Hormi, Knokke, l'ancienne, c'est un littoral bétonné qui leste ainsi le cordon littoral. Malheureusement, les maisons d'époque sont cachées et plus généralement rasées : vive le boom immobilier, et tant pis pour l'art Déco... Sur la route du retour, le secteur de Damme déroule la plaine flamande à perte de vue. Pour l'histoire, c'est ici que Jacques Brel aurait composé l'une de ses plus grandes chansons. "Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu"...Si la prose est imparable, le constat, lui, s'impose : de par sa rudesse et paradoxale lumière, ce plat pays est AUSSI le nôtre...
A demain pour une exploration des joyaux gantois. Sans oublier notre petit jeu dit du néerlandais "Tu verras, c'est facile..." Aujourd'hui, notre choix se porte sur le mot "gezelligste stad". Tous à vos dicos linguistiques internet !!!
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# Posté le jeudi 12 octobre 2006 11:17

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 07:48